Viktor&Rolf – Spicebomb

Viktor&Rolf profitait de la semaine de la mode masculine à Paris pour présenter leur dernier parfum masculin : Spicebomb. Et je profitais de leur invitation pour découvrir la nouvelle fragrance. La journée fut l’occasion de découvrir l’univers des créateurs hollandais qui ont fait du conformisme twisté d’étrange leur marque de fabrique.
Pour introduire et dévoiler le parfum, nous avions rendez-vous au Silencio, vous savez ce bar/club/privé dont la décoration et l’architecture d’intérieur ont été imaginés par David Lynch. Une fois dans la salle de cinéma, on nous dévoile un film imaginé par Viktor&Rolf. Un film qui ne peut m’empêcher de penser à Lynch. Dans une chorégraphie répétitive et étrangement symétrique les deux créateurs agissent sur ordre et manipulent une valise. Je définis la mode de Viktor&Rolf comme de l’inquiétante étrangeté, sûrement je me trompe, mais dans ce film on n’a jamais été si proche de la rupture avec la rationalité rassurante.
Mais vous ne la verrez pas… Dommage.
Spicebomb est comme son nom l’indique une bombe d’épices. Il se veut le pendant masculin de Flowerbomb. En réalité le jus est bien moins épicé que Bang de Marc Jacob, mais c’est tant mieux. Le tout est nivelé par les notes fruitées de bergamote et de pamplemousse. C’est sur la fin qu’un léger épicé/boisé mais toujours fruité surprend.

Là ou Flowerbomb jouait entre la grenade et la pierre facetté , Spicebomb n’hésite pas : ce sera une grenade. Même le geste de se parfumer rappelle l’engin explosif car il faudra ôter une goupille pour débloquer le spray.
Une audacieuse campagne print présente le flacon explosé.

Normal pour une grenade, certe, mais moins pour un parfum. D’ordinaire, la fabrication de la valeur d’un parfum se construit en partie sur son flaconnage (mais aussi l’égérie, la marque… le concept). Alors détruire l’objet que l’on aura tant cherché à « iconiser » et sacraliser relève de l’audace et de l’innovation. On contrastera néanmoins ce tableau par l’ajout d’un mannequin qui renvoie vers l’un des stéréotypes de l’imagerie masculine en parfumerie : le Sean O’Pry musclé, imberbe en noir et blanc.




Pour finir, je vous dirai que je porte Spicebomb, presque tout les jours depuis trois semaines, et que la prochaine fois que je ferai un photocall avec Viktor&Rolf je m’habillerai mieux.

