Note d’intention #2 – la crise c’est tendance

Maxime Desmet
17 juin 2009 – 3 Comments

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A ce qui paraît, c’est la crise ? On en parle partout, dans tous les médias, tous les secteurs et même la mode. Impossible de passer à côté, c’est un peu comme le dernier tube à la mode qui tourne en boucle sur MTV, d’abord, et à la fin dans ta tête. Pour preuve il ne se passe pas une chronique tendance sur Canal + sans que Daphné Bürki nous parle de la crise et cite le mot plusieurs fois par sujet.

Alors la crise c’est tendance ?

A ce rythme la crise est devenu une vraie tendance à part entière. Mais alors est-ce une tendance structurelle ou juste une conjoncture éphémère ? Si dans un premier tant on surfe sur le matraquage médiatique il semble que cette période de vache maigre va durer encore longtemps, jusqu’en 2012 à ce qu’il parait. Donc la crise c’est tendance et pour un moment.

Comme les maisons de mode ce doivent d’être à la pointe Christian Lacroix va jusqu’à se déclarer en cessation de paiements. A l’origine de ces difficultés, la maison subit le phénomène de « paupérisation » des riches. Les riches sont moins riches et comme le marché de la Haute Couture ne rassemble que quelques centaines de clients dans le monde on comprend que les maisons qui font de la Haute Couture avant du prêt à porter sont sujettes à d’extrême difficulté.

Autre phénomène tendance de crise : le retour des blondes. D’après un article paru sur WeekEnd.be, les blondes rassurent le consommateur en ces temps de disette. Après les hommes préfèrent les blondes ce sont les annonceurs qui voient dans leurs beautés une manière de rester optimiste face à ce quotidien de récession…

Les ventes « privées » comme stratégie commerciale ?

Ce n’est pas un phénomène nouveau et je ne vous apprends rien en vous disant que les plus grandes marques de modes organisent des ventes privées. Ce n’est surement pas avec la crise que sont arrivées les ventes privées et autres ventes presse, pour preuve le blog de MarieLuvPink qui propose depuis longtemps à toutes fans de mode qui se respectent les listes des principales ventes « privées » de Paris. Pour les hommes il y a CommeUnCamion qui se fait régulièrement le relai de ce genre d’événements. Force est de constater qu’aujourd’hui les ventes privées s’inscrivent dans un véritable business. Il n’y a qu’à voir le nombre de sites internet (vente privée, espace max …) qui se spécialisent dans ce concept de ventes plus ou moins exclusives de produits plus ou moins luxes, le nombre de pseudo événement chaque semaine et des maintenant de lieux entièrement consacrés à ces opérations.

Quels intérêt de proposer des ventes privées à tout va ? Les prix sont-il vraiment décents ? Dans une situation de crise généralisée on peut penser que les dépenses de luxe et d’habillements sont les premières touchés. Pour ce qui est des prix il y a de tout, les pseudos « privées » n’offrent que peu de remise et restent chère si c’est du luxe. Elles sont organisées par des intermédiaires est sont avant tout une entreprise commercial. Il existe les « vrais », celles organisées par les marques elles-même. Celle ci sont en revanche beaucoup plus dures d’accès. Il faut en général être salarié de l’entreprise ou du groupe pour y avoir accès. Et là, les prix sont vraiment intéressants, pour caricaturer je dirais que le Dior est au prix du H&M. Les ventes privées ne sont donc pas prêtes de disparaitre. La nécessité de vendre la production dans des temps de crise devient de plus en plus important. Ainsi on apprend grâce au Figaro qu’une vente privée de 400 000 pièces de lingerie de luxe aura lieu vers le moi de juin. Cette vente fait suite à la faillite d’un important sous-traitant de Dior, Galliano, Kenzo… Les ventes privées pourraient bien devenir un important levier pour les ventes de luxe au près de « petites gens » et font parti plus que jamais de la stratégie commercial des marques.

La crise durable.

Mais si la crise dure et est tendance, alors ne deviendrait-elle pas un argument commerciale ? La crise comme solution à la crise, la crise comme levier de reprise des ventes ? Oui c’est un peu capillo-tracté (tiré par les cheveux), mais à force d’en parler on tourne en boucle. C’est d’ailleurs l’essence d’une crise : le cercle vicieux, alors pourquoi pas le transformé en cercle vertueux (la croissance).

Posons-nous les questions des savoir si cette crise va changer durablement l’univers de la mode. Les collections seront-elles moins « show off » et « bling-bling » ? Aura-t-on droit à des « tendances durables » basée sur la résistance, le confort du vêtement et la pérennité d’un style plutôt que sur l’éphémère.

La crise va durer est si certaines marques commencent déjà à rencontrer des difficultés, quelle forme aura le secteur de le création dans trois ans ? Quelle marque va résister, en sortir plus forte, disparaitre ? Le style de cette décennie sera-t-il caractérisé par la crise ?

On verra !

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About The Maxime Desmet

Fondateur. "Ni Dieu Ni Maître" Diplômé en science de la communication et en management par l’Institut Français de la Mode, expert en communication digitale dans la mode au service de maisons ...

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3 Thoughts to Note d’intention #2 – la crise c’est tendance

  1. Isy 20 juin 2009 at 15 h 18 min

    Aaah, avec un tel titre, comment ne pas me précipiter sur ton blog ? Je dois le dire: je craque.

    #
  2. Derekp 26 juin 2009 at 20 h 00 min

    I think i’ve seen this somewhere before…but it’s not bad at all

    #
  3. Maxim 26 juin 2009 at 20 h 08 min

    @derekp It’s possible. Where ? I’m interested

    #

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