Ford Le Mans

Le Mans Classic 2016 avec Ford

Charly Desmet
5 juin 2017 – 0 Comments

A l’approche de l’édition 2016 de Le Mans Classic, je reçois deux e-mails à quelques jours d’intervalles. Le premier, contient une invitation à l’évènement de la part d’Alain Figaret (lire Le Mans Classic 2016 avec Figaret pour le récit de mon arrivée sur l’évènement et vous imprégner de l’ambiance de la loge Figaret), le second, l’invitation au même évènement de la part de Ford. Je suis un Dandy Driver heureux!

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Première étape, aller récupérer le Ford Edge, aimablement prêté par Ford pour me rendre au Mans Classic. Je me rends donc au nord de Paris, le vendredi matin précédent l’évènement pour prendre en main la bête. Olivier, du parc presse, m’accueille en véritable passionné qu’il est, et ce n’est qu’après une longue conversation sur nos différents bolides respectifs que je me rends à mon travail. Dans tous les sens du terme, ce trajet me permet de prendre la mesure du Edge: belle bête. Pour sa taille et son poids, je n’ai pas trouvé que les 180cv manquaient de vigueur et j’ai apprécié le style décalé du 4×4 Ford. Très confortable et équipés de fonctionnalités très pratiques comme l’ouverture du coffre, automatique ou grâce à la pression d’un bouton sur la clé, il se rend utile et agréable. Fini la galère du coffre avec les mains chargées de paquets. Un bémol: le gabarit! A manier avec précaution! Dans ce cas, c’est néanmoins le prix d’un style décalé par rapport à un marché où tout le monde se copie.

Le lendemain, je pars aux aurores et je me réconcilie avec le gabarit de la Ford. Le coffre énorme (j’ai songé à rendre mon appartement et emménager dedans) a accueilli tout mon équipement sans aucun souci. Sur l’autoroute, le gabarit statutaire du 4×4 rend l’exercice des plus aisés. Sièges ultra confortables, aides à la conduite, commandes ergonomiques me font regretter d’être seul à bord. La voiture gomme toutes les imperfections de la route et j’ai l’impression d’être dans mon salon.

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Le dressing du Dandy Driver en vadrouille

En grand passionné de Mustang, le Edge m’a plu, mais j’étais plutôt impatient de prendre les clés de mon bolide du soir. En effet, Ford nous a donné l’opportunité de tester certains modèles de sa gamme sportive sur la mythique piste du circuit des 24h. Notez bien qu’il s’agit d’une opportunité extrêmement rare et exclusive. J’imaginais un peu ça, comme la Rolex pour notre ancien président: à 50 ans et encore avec un bol monstre.

Look à la Miami Vice pour mes retrouvailles avec une Mustang en Competition Orange

Look à la Miami Vice pour mes retrouvailles avec une Mustang en Competition Orange

Charlotte, de l’équipe Ford, m’a donc confié un casque et les clés d’une Ford Mustang Fastback Black Edition. Il s’agit d’une version limitée à 50 exemplaire, réservée au marché français, célébrant la victoire historique de Ford en 1966. Equipée d’un moteur 4 cylindres turbo, mon bolide du moment développe 317 chevaux. De quoi m’amuser.

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Ford Mustang Ecoboost Black Edition

Parenthèse historique, version courte: Dans les années 60, Enzo Ferrari souhaite vendre sa marque. Henry Ford II se positionne et le groupe dépense des millions de dollars en audits et autres mesures afin de se préparer à l’acquisition. Néanmoins, plusieurs différents et une condescendance affichée d’Enzo Ferrari vis-à-vis des « yankees » mettent fin à cette éventualité, Enzo Ferrari n’est plus vendeur. Henry Ford II, passablement échaudé par cette aventure décide alors d’employer les grands moyens et fait démarrer le développement d’une voiture de sport qui aura pour objectif de tuer les Ferraris sur les pistes : la GT40. Après des débuts encourageants, le programme GT40 arrive à maturité et en 1966, Ford place 3 voitures en tête de la course et gagnera au Mans jusqu’en 1969. Ford a eu sa revanche.

Deux Ford GT40 prêtes à en découdre sur la piste mancelle

Deux Ford GT40 prêtes à en découdre sur la piste mancelle

Ford Mustang Ecoboost Black Edition: Le Mans Classic with style

Retour en 2016, nos tours de pistes ont lieu à des créneaux très précis et sont soumis à l’accord des commissaires de pistes. Nous passons entre deux « plateaux ». Un plateau est un groupe de voitures d’une période historique donnée qui court pendant un créneau d’une à quelques heures. Entre ces plateaux, il y a quelques minutes pour préparer la piste pour les suivants. Si les conditions le permettent, des marques peuvent passer sur un tour de pistes en inter plateau. Après une annulation, la tension est à son maximum. Vers 20h, la grille s’ouvre et nous nous plaçons sur la ligne des stands. La pression monte, je suis enfoncé dans mon baquet. J’ai pris le temps de retrouver mes marques dans la nouvelle mouture d’un bolide que je connais bien. La livrée noire avec les bandes Le Mans me plaisent. Comme Henry Ford, j’aime les voitures noires. A l’intérieur, même habitué à des modèles de 67, 95 ou 2011, on n’est pas dépaysé. C’est simplement de meilleur qualité et au gout du jour. Petite touche de fantaisie, le compteur de vitesse estampillé « Ground Speed » (vitesse au sol) me fait sourire. J’en déduis donc qu’il vaut mieux garder les roues sur le plancher des vaches. Nous démarrons. Ce groupement de Mustang, dont le design est historiquement inspiré du P51 Mustang, un avion de chasse de la seconde guerre mondiale, me donne l’impression que nous allons donner la chasse.

Look Dandy Driver: Veste matelassée - Figaret Auto T-shirt gris chiné - Primark Jean - Uniqlo Chaussures - Supra Skytop

Look Dandy Driver:
Veste matelassée – Figaret Auto
T-shirt gris chiné – Primark
Jean – Uniqlo
Chaussures – Supra Skytop

Les moteurs vrombissent et le départ est donné. L’embrayage s’enclenche, When the clutch drops, the bullshit stops, l’une après l’autre, chaque Ford décolle et s’élance. Je joue la prudence et me colle à droite pour laisser passer ceux qui connaissent déjà ce tracé et ces bolides pour ne pas leur gâcher le tour. Je peux donc profiter à mon rythme. Pas de virage avant le tertre rouge, c’est bien sur le grand circuit que nous courons et nous ne tardons pas à arriver dans les mythiques Hunaudières, la longue ligne droite du circuit, à peine entrecoupée de chicanes. Mon 4 cylindres a résisté à une dernière Mustang V8 qui n’avait pas souhaité me dépasser jusque là, mon rythme en courbe ayant du être assez élevé à son gout, mais là, force est de reconnaître la supériorité du V8, et je n’ai même pas à ralentir mon accélération pour qu’il me dépasse proprement sur la gauche. Le Coyote 5.0L qui équipe ce bolide rugit de ses 8 cylindres et me laisse derrière. De toutes façons, rentrer dans une chicane à 180 km/h, ça ne fait pas sans humilité, sinon c’est le rail et l’airbag qui viendront vous rappeler ce que c’est. Une fois les chicanes passées, je sais que je peux lâcher la cavalerie. Concentration maximale, pied au plancher, j’atteins les 235 km/h sans sourciller, et la voiture continue à grappiller encore un peu de vitesse, mais je sens qu’elle est à sa vitesse maximale.

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Je maintiens l’allure puis j’ai l’occasion de sérieusement tester les freins car j’arrive au virage de Mulsanne. Ce n’est pas le plus compliqué à gérer mais il donne l’occasion de bien sentir la décélération! L’adrénaline des Hunaudières doit redescendre maintenant, car je le sais, la fin du tracé comporte les parties les plus techniques, Indianapolis et surtout Arnage et son angle à 90° (ce n’est même plus une courbe à ce niveau là). Ma Mustang s’autorise un léger dérapage, mais on est en 2016 et c’est une propulsion très saine (je repasserai sur ce virage en passager d’une Mustang V8 conduite par Fabrice de Ford, et croyez moi, lui, il dérape comme un pilote, c’est brutal mais maîtrisé à la perfection) et je récupère ma trajectoire sans la moindre hésitation, de ma part, ou de celle de la voiture. Je joue pas mal de la boîte et force est de constater que depuis mon modèle 95 ou encore la GT500 2011 que j’ai pu tester sur circuit, changer les vitesses n’est plus aussi problématique, le levier tombe sous la main. Une belle portion me permet d’accélérer fortement une nouvelle fois, mais j’aperçois déjà le virage Porsche, et sa série de double S. Je me concentre car il faut compter le nombre de virages passés pour ne pas se laisser désorienter et surprendre par le tracé. C’est finalement sur cette portion que j’ai été le moins serein. Enfin, les chicanes Ford et la fin de mon tour s’annoncent à l’horizon.

Je refais un tour, en passager de la Mustang GT et son V8, pendant lequel je prends un cours sur le tracé du Mans à vitesse grand V. Merci Fabrice!

Une Focus RS. Forte de 350 chevaux, elle est la plus adaptée au tracé du Mans avec ses 4 roues motrices.

Une Focus RS. Forte de 350 chevaux, elle est la plus adaptée au tracé du Mans avec ses 4 roues motrices.

Ford Focus ST200, la future youngtimer de vos gosses

Dimanche, 5h. Après une nuit dans un cadre magnifique, à quelques kilomètres du circuit, d’où on entendait rugir les mécaniques pendant la nuit, je me lève pour aller refaire un tour du circuit de la Sarthe, cette fois-ci, en Ford Fiesta ST200. Sur le papier, elle est moins véloce et puissante que ses concurrentes directes, mais toute la presse s’accorde à dire qu’elle bien plus agréable, fun et qu’elle implique bien plus son conducteur. J’y trouve mon compte. J’ai apprécié le fait que cette petite voiture fasse montre de ce qu’elle est, une bombinette, sans trop en faire avec des appendices inutiles et qui ne servent que d’arguments marketing. La Fiesta ST affiche sa différence avec ses sœurs plus modestes mais n’en fait pas trop, surtout dans cette livrée grise. A l’intérieur, changement d’ambiance, on retrouve des sièges Recaro et une ambiance sport, pour autant, le confort n’est pas sacrifié et vous n’auriez aucun mal à vivre avec cette voiture au quotidien. J’aime également cette peinture grise qui me rappelle les Minis des années 60 en Smoke Grey.

La future 205 GTI de tes gosses. La puissance en plus!

La future 205 GTI de tes gosses. La puissance en plus!

Alors, que peuvent faire, « seulement » 200 chevaux, un moteur pas vraiment bruyant au repos, dans une voiture que nos mamies pourraient conduire pour aller chercher le pain? Eh bien elle peut aller taquiner les entrées de chicanes du Mans à plus de 190 km/h sans sourciller, vous mettre un sourire très très coupable au visage au moment de taquiner des grosses courbes. Idéale pour apprendre à piloter, elle s’exprime mieux à haut régime et se montre très vive. Pas autant qu’une Focus RS certes, et les Hunaudières ne sont pas sont fort car on touche très vite la vitesse maximale, mais son comportement est extrêmement sain, elle pardonne beaucoup de choses et est littéralement vissée à la route. Impressionnante pour une traction, je me suis laissé aller avec elle et me suis senti en confiance très rapidement. Si je décidais d’acheter une petite voiture moderne pour me perfectionner sur circuit, dans cet ordre de prix, je ne chercherai pas plus loin. Prenez là dans une teinte discrète et vous avez une bonne voiture du quotidien et de plaisir pour le week-end. Et dans 20 ans elle sera vintage!

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Il me reste ensuite à effectuer un dernier tour, en passager, dans la Focus RS. Le monospace du bon père de famille avec un moteur et un châssis de rallye. Les enfants ne seront jamais en retard à l’école. C’est, des 4 bolides présentés par Ford, la plus apte à la piste. Vissée à la route, les pneus standards, chauffés par plusieurs tours de pistes, ne s’autorisent que peu de marge d’erreur. Sur route, elle sera invincible. La Mustang V8 a le comportement le plus brutal (mon préféré, eh oui, je suis américain en termes d’automobile), la Fiesta a le comportement le plus joueur, la Mustang Ecoboost passe pour une version plus raisonnable de la GT V8, mais la Focus est la plus sérieuse. Imparable, d’autant que contrairement à la Fiesta, qui cache son jeu, celle-ci s’exprime dès que le bolide est démarré.

Dans la Focus RS en passager, on voit ce genre de chiffres sur le compteur

Dans la Focus RS en passager, on voit ce genre de chiffres sur le compteur

Deux jours à un rythme effréné, dans un cadre mythique, rempli de couleurs, d’odeurs, de sons, me laissent fatigué, mais heureux. Je rentre à Paris, à bord du Edge, en tentant de me rappeler que je suis désormais sur route ouverte. Allez, on met le limiteur de vitesse et on se laisse convaincre par le siège en cuir. Le drapeau à damier passe sur ce week-end, mais la passion elle, ne s’arrêtera jamais.

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