Editorial

L’interprétation que l’on fait du terme “dandy” est souvent partagée. Compliment pour certains, péjoratif pour d’autre. Mais ce n’est pas le fait du hasard : c’était d’abord une moquerie avant que Barbey d’Aurevilly ne réhabilite le “dandysme” en explicitant le génie de George “Beau” Brummell, qu’il décrira comme le premier dandy, et son influence sur la mode masculine anglaise, et plus largement sur la silhouette élégante en Occident.

La vision positive du dandysme comprend de ce mouvement une volonté d’atteindre le sublime tant dans le paraître que dans l’être. Une discipline de l’excellence esthétique, mais accompagnée d’une quête spirituelle de l’unicité : « Le mot dandy implique une quintessence de caractère et une intelligence subtile de tout le mécanisme moral de ce monde » (Baudelaire). C’est cette interprétation que nous en retenons.

Deux autres points de vue s’affrontent, quant au dandysme : certains estiment qu’il est né et mort à la fin du XIXème siècle ; d’autres, dont nous sommes, estiment que chaque génération a ses dandys. Si tel est le cas, il nous appartient de rechercher en notre époque cette excellence qui pourrait être qualifiée de dandysme.

Le dandysme, aujourd’hui, ne saurait se trouver dans la reproduction du passé. Il faut le chercher dans une compréhension totale de l’air du temps, permettant de créer quelque chose de nouveau. Cette nouveauté se trouve dans la rue : c’est une nouvelle élégance, modelée à l’image de notre époque, plus confortable, plus décalée, adaptée à nos modes de vies. Nous pourrions l’appeler “cool tailoring”, ou “élégance décomplexée”.

btt