DIOR HOMME printemps été 2011, défilé total

La saison dernière j’écrivais ces quelques lignes sur le défilé DIOR HOMME. Même si ces lignes date de 6 mois, les voici.
Un défilé DIOR HOMME n’est pas une présentation de collection, on n’y montre pas des vêtements, ce n’est pas 42 passages. Un défilé DIOR HOMME, c’est une messe, un instant suspendu d’extrême précision, une maitrise du temps et de l’espace. C’est un champ des possibles qui englobe tous les arts. Un défilé DIOR HOMME c’est une scénographie, une composition musicale, c’est une œuvre…
Samedi 26 juin 2010 je me suis présenté à la Halle Freyssinet pour habiller le défilé. En arrivant sur les lieux je pousse une porte et débouche dans une salle immense qui n’a d’égal que le Grand Palais. Face à moi, un carré blanc immense planté en son centre d’un cylindre qui s’élance qu’une dizaine de mètre vers le ciel. La structure maculée de blanc me fait perdre mes repères. Disséminées au loin, des silhouettes noires et anthracites traversent le carré. Elles m’indiquent le centre du monolithe cylindrique comme le lieu des backstages. J’en fais le tour pendant un moment avant de trouver une discontinuité dans la forme ronde, c’est une entrée.
Cachés sous deux couches de toiles tendues, mannequins, coiffeurs, maquilleurs s’affairent sur deux étages. Moi, seul, j’observe, j’apprends et je comprends.
Un défilé total
J’observe que deux heures avant le show, des peintres veillent encore à la monochromie parfaite des lieux. J’observe les mannequins asiatiques, leurs grandeurs, leurs physiques si particuliers, brutes.
J’apprends qu’il y aura 42 looks, que j’aurais la responsabilité de William Eustace, le look n°14. J’apprends qu’il n’y aura qu’un seul passage par mannequins.
Je comprends le talent de Kris Van Assche, sa grande anxiété, son souci du détail. J’apprends son sens de l’humain lorsqu’il envoit ces garçons dans l’arène, avec toujours un signe d’encouragement. Je comprend sa joie, les applaudissements de son équipe, son humilité.

