isetta

L’Isetta de Steve Urkel

Charly Desmet
16 novembre 2011 – 4 Comments

Voiture du jour ? Enfin, voiture… Objet Roulant Non-Identifié plutôt. L’Isetta est une originale, elle possède un caractère d’outsider qu’il faut remettre en contexte.

La conception unique et économique de l’Isetta

L’ISO Isetta est née en 1953 en Italie comme son nom le suggère. Son papa, un groupe vendant des réfrigérateurs, puis des scooters, décide de concevoir une petite voiture économique favorisant les trajets à courte distance, tout cela, afin de satisfaire sa maman : la situation économique d’après-guerre. Isetta, beau bébé, pesant seulement 300 kilos est née avec une constitution bien particulière : une unique porte frontale, une colonne de direction amovible, un levier de vitesse sur la gauche, une unique place pour enfant à l’arrière, deux roues arrières très proches (économie de nombreuses pièces), un toit en toile (offrant notamment une sortie en cas de collision frontale…), un moteur de mobylette/moto (dépend des versions).

Iseta

Photo: forum-auto.com

Une jolie bouille

Bébé Isetta a été baptisée au salon de l’automobile de Turin en 1953 où elle fit forte impression auprès des journalistes et du public. Son aspect pratique est loué par la critique : on peut même la garer face à un trottoir, et sa maniabilité en zone urbaine lui vaut nombre de compliments.

Au niveau stylistique, la bouille de ce bébé ne manque pas non plus de se faire remarquer. Sa déclinaison française, généralement de couleur blanche, était surnommée le « pot de yaourt » (comme sa concurrente la Fiat 500), où plus ironiquement le « suppositoire à autobus ». Au Brésil, ce sera « ballon de football », « œuf d’autruche » ou encore « grenouille en boule ». Les anglo-saxons opteront pour « bubble-car » tandis que les allemands préféreront le sobriquet « das rollende Ei » (œuf roulant).
Sa production s’arrête en 1955 en Italie, où un climat plus chaud favorise les scooters, sa déclinaison allemande, construite (et améliorée) par BMW sera produite jusqu’en 1962. BMW était à l’époque dans une situation économique peu enviable, ses usines à l’est du pays étant sous contrôle soviétique. L’Isetta, dans ce contexte morose, fait fureur. La crise du canal de Suez de 1956 favorise cette popularité.

Polizei

photo: www.polizeioldtimer.de

Sexy mais pas sportive… comme Steve :

Cependant l’Isetta était parfois un bébé capricieux : une boîte de vitesse assez rigide, une direction peu précise, des performances risibles (Je ne pense pas que Cary Grant, un de ses célèbres possesseurs, comme Elvis Presley, aurait pu survivre grâce à elle quand il avait la Mort Aux Trousses en 1959).

isetta gary grant

De nos jours, elle est très prisée par les collectionneurs pour son style unique, symbole d’une époque et d’un mode de vie qui correspond plutôt bien au dandy, puisqu’il s’agit d’une voiture étudiée pour les déplacements de courte distance (et ça a plus de classe que l’Autolib non ?). Elle n’est donc plus, comme à ses débuts, une voiture abordable.
Malgré tout, on dira ce qu’on voudra, mais sans son Isetta, jamais ce dandy de Steve Urkel n’aurait réussi à épouser Laura Winslow (bon il a quand même mis 9 saisons…) ! Comme quoi, même quand on n’a qu’une force Urkeléenne et non Herculéenne on peut séduire et avoir du succès.

Les petits + : La classe ultime. LA voiture d’Urkel. E-CO-NO-MIQUE.

Les petits – : Introuvable. Inatteignable, Inaccessible.

Share this story

About The Charly Desmet

Related Posts

4 Thoughts to L’Isetta de Steve Urkel

  1. Guilhem 16 novembre 2011 at 12 h 35 min

    Ah! Finalement voici l’ancêtre de la smart. C’est peut être la classe de nos jour mais à l’époque… Comment ne pas avoir l’air d’une grenouille dans un mixeur… A moins de s’appeler Cary Grant!

    #
  2. Charly 16 novembre 2011 at 17 h 01 min

    Ou de s’appeler Steve Urkel. Cependant, sans contredire ce que tu dis, il faut quand même se rendre à l’évidence, ce phénomène (à l’époque c’était pas la classe), ça s’applique à pas mal de choses dans la mouvance néo-rétro.
    Avoir un 2CV, ça n’était pas particulièrement classe quand c’est sorti, ou même à la fin de sa production (1990), maintenant, tu as 18 ans, tu viens chercher tes potes en deudeuch à la sortie du lycée, t’es le roi du monde. Les gros téléphones a cadrant, il y a quelques années on en jetait encore des palettes entières dans des camions, direction la décharge, maintenant c’est un « objet vintage ». Tout est une question de contexte, à l’instar de certains artistes, certains objets ne connaissent pas la gloire artistique et esthétique durant leur vie (période de production) mais bien après leur mort.

    #
  3. Guilhem 17 novembre 2011 at 10 h 51 min

    Je suis d’accord avec toi et conscient de ce fait. (Comme je le disais à l’occasion d’un autre post j’ai la mini vintage comme seconde voiture et a dire vrai plus pour le style que pour ses performances!)
    Mais bizarrement l’Isetta… C’est quand même un objet bien singulier! lol

    #
  4. Charly 17 novembre 2011 at 22 h 16 min

    Haha pour le singulier de la chose, tout à fait d’accord, c’est pour ça que la qualifie « d’Objet Roulant Non-Identifié » d’ailleurs. Une ancienne Mini oui, c’est sur, c’est plus pour la classe que aller faire des burns chez les kékés du coin, mais pour une utilisation citadine, ça doit te suffire je pense, non?
    Personnellement, j’ai actuellement une Ford Mustang GTS de 1995 (je vis à Porto Rico), ça n’est pas la Mustang la plus puissante du monde, mais bon, je passe déjà assez rarement la 5ème vitesse, donc tout est à relativiser quand on parle de performances, sauf si tu ne tiens pas beaucoup à ton papier rose hehe.

    #

Laisser un commentaire


Comment

btt