Dandyclopédia : le tour de bras

Attention, le tour-de-bras ne doit pas être confondu avec le brassard de capitaine, et autres bandes de tissus permettant de signifier son deuil, ou signifier un quelconque message. Le tour-de-bras ou armband en anglais a une seule fonction : ajuster la longueur de la manche. Confus ? Ne paniquez pas, je vais vous expliquer.
Le tour-de-bras trouve sa raison d’être à la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle. A ces époques, le prêt-à-porter n’existe pas dans la dimension qu’il prendra dans les années soixante. A l’époque règne la confection. Les vêtements sont fabriqués plus ou moins à la chaîne, mais une chemise n’existe pas en S, M, L, XL, voyez-vous. Elle existe en taille unique.
Le tour-de-bras permet d’ajuster la longueur de la manche.

Une chemise de la fin du XVIIIème, début du XIXème.
Cela importe peu, au niveau du buste : la chemise est un sous-vêtement qui n’a aucunement vocation à être montré en public. C’est d’ailleurs indécent, et réservé aux classes les plus basses, uniquement dans les scènes de plus dur labeur. Et de toutes façons, le gilet de costume « sauve les apparences ». C’est un autre problème quant aux manches. Elles ne sont pas ajustées, ni à l’épaule, ni en longueur, ni en largeur. Devant aller à tout le monde, elles sont bouffantes et très longues.
Le tour-de-bras permet d’ajuster la longueur de la manche.

Un croupier au temps de la conquête de l’ouest, les bras des chemises entourés de tour-de-bras en ficelle
Le tour-de-bras est à tort assimilé dans l’imaginaire collectif aux garçons de café, ou aux banquiers ou croupiers. Mais à l’époque, il est assez universel.

Ce stéréotype est le fait de la représentation de ces personnes dans leur travail ; représentations qui les illustrent sans vestes.

Jude Law durant le tournage de Sherlock Holmes par Guy Ritchie

Robert Redford, dans The Sting, porte ses tour-de-bras élastiques au-dessus de sa chemise, au creux du coude
Les tour-de-bras se portent logiquement au bas du biceps, presque au creux du coude. Mais par choix de confort et d’esthétisme, je porte les miens au-dessus du biceps. C’est plus flatteur.
Fabriquez vos tour-de-bras
Fabriquer ses armbands, c’est facile, ou moins facile, selon le mode de fabrication.

Matière première : du gros grain noir, en vente dans n’importe quel supermarché au rayon mercerie.
La mesure : la mesure est facile comme bonjour. Vous vous attaquez à une matière élastique, alors les errances sont permises. Passez le gros grain autour de votre bras avant de découper au ciseau (cranté si possible) ; ou mesurez votre tour de biceps et enlevez quelques centimètres.

L’assemblage : j’ai personnellement opté pour l’assemblage à la sauvage, à coups d’agraphes. Si vous vous sentez l’âme d’un jeune créateur (vous saisirez l’ironie), vous pratiquerez simplement une couture ouverte à la machine.

Pantalon taille haute et gilet : British Royal Air Force (uniforme vintage, 1957)
Chemise : Zara
Cravate chaussette : vintage
Chaussures : Pierre Hardy
Et hop !

