America is a highway

Charly Desmet
5 août 2015 – 0 Comments

Dire que les Etats-Unis sont des obsédés de la route, c’est comme dire qu’il y a du soleil aux Antilles.

Felipe Barbosa, photographe brésilien qui a élu domicile à Paris, l’a bien compris. Et comme moi, c’est un « étranger » des USA qui a une passion irrémédiable pour la voiture américaine. Il a mis son talent et son goût pour l’éclectisme au service de l’automobile (oui, il peut faire une photo type « pub pour caleçon italien » ou faire une photo de mode convaincante devant un hypermarché).  Dans cette série, il met en parallèle des paysages américains typiques et l’industrie automobile de ce pays. Voici une introduction pour comprendre son travail.

Depuis 1908 et la Ford T, première voiture produite de manière industrielle, Détroit, la Motor City US, nous en a fait voir de toutes les couleurs et de toutes les formes.

L’automobile a tellement marqué la culture américaine que les bolides du pays de l’oncle Sam sont imprimés dans l’imaginaire collectif. Vous avez tous en tête pléthore de modèles américains même si vous êtes incapables de les nommer. Petit retour sur les 60 dernières années.

Si je vous dit Elvis, vous allez penser à une grosse péniche rose de 7m de long bardée de chromes, de galbes et de courbes généreusement taillées et ses gigantesques ailettes encadrant le coffre. Vous n’avez pas tort, il suffit de jeter un œil à la Cadillac de 1954 du King.

pink_cadillac_image_1Source : phillipsrolls.com

Avec les années 60, vinrent les Muscle Cars, monstres de puissance bariolés de vives couleurs et affolant les autorités. Demandez au fantôme de Steve McQueen de vous raconter le tournage de la course poursuite de Bullitt (1968) pour voir… Il s’agit de la première scène du genre en vitesse réelle de l’histoire du cinéma. Si vous ne connaissez pas l’importance du King of Cool, lisez le dernier GQ. On pourrait aussi citer la Dodge Charger 1969 de Shérif, Fais Moi Peur, bolide orange affublé d’un drapeau confédéré sur le toit, joyeusement appelée « General Lee ».

bullitt1Source : falconmovies

Les années 70 subissaient le choc pétrolier de 73, sonnant le glas des Muscle Cars. Les modèles emblématiques aux noms sauvages et ronflants s’assagissaient ou disparaissent. Les Firebirds ne pétaient plus le feu, aucun challenge pour les Challenger, les Charger ne chargeaient plus. Bref les hippies achetaient des Coccinelles de VW. Les patriotes, les vrais, les forts, avec des fusils et des pétrodollars se rabattaient sur des péniches de 7m mètres avec des moteurs de camions aussi puissants qu’une citadine actuelle. Le must-have étant d’apposer des cornes de taureau sur le capot et d’avoir des sièges en motif peau de vache ou en moumoute. Le Yankee moyen lui se rabattait sur des modèles toujours plus bizarres et plus ou moins fiables.

Felipe Barbosa

Source: Felipe Barbosa

 Source: Felipe Barbosa

Dans les années 80, la concurrence japonaise faisait rage. Partout dans le monde les voitures ressemblaient à des boîtes à chaussures sur roues. La puissance affichée était souvent pathétique. Ce que l’Amérique faisait de plus sexy à l’époque, c’était peut-être encore K2000, une Pontiac Firebird TransAm de 1982 modifiée, toute de noir repeinte. Celles qui parcouraient les rues étaient par contre équipées de multiples autocollants aux acronymes obscurs et aux designs dignes de vos meilleures compiles de booms d’enfants (Oui, j’ai ressorti le mot boom).

Felipe Barbosa

Source: Felipe Barbosa

La décennie suivante apparut comme un total rejet de la précédente: les courbes à outrances étaient de la partie. Allez, pensez au taxi jaune made in New York et vous avez le tableau.

Felipe Barbosa

Source: Felipe Barbosa

Les années 2000 et 2010 virent le retour des légendes des années 60, l’électronique et le comportement routier en plus.

2008_ford_mustang_bullitt_edition-pic-38625Elle ne vous rappelle rien ?

Et encore, je ne vous ai pas parlé des pick-ups, trucks, hot-rods, cop cars, des voitures montées sur ressorts des gangsters mexicains de la côte ouest, pourtant je sais que vous vous les imaginez très bien.

Nombre de voitures américaines consomment beaucoup, se comportent comme de confortables péniches, conçues de manière sommaire, des lignes taillées à la hache. C’est leur caractère et leur robustesse qu’on aime. Elles sont une carte postale qui sent le burger, parfum pneus arrière brûlés.

C’est d’une manière plus visuelle que Felipe Barbosa montre le lien entre l’automobile et une Amérique tantôt fantasque et innovante, tantôt insipide et manque d’inspiration, . Admirez les couleurs et les contrastes tant affichés que suggérés qu’il a su saisir lors de son dernier voyage à NYC.

L’intégralité de la série est ici et je vous laisse une sélection musicale pour vos road trips.

Photo A la Une : Ford Mustang Cobra 1994

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